Formation

LE TRESOR DES FEES
Pour l’architecte B. Verdon, la réalisation des quatre alvéoles qui abritent la collection de minéraux fut un défi inhabituel de la création d’espace en contexte rocheux, nécessitant la pratique de l’empoché.
Véritable « architecture de soustraction », la matière est ici retirée de son environnement. L’intervention proposée se veut de faire la synthèse
entre la mise en forme des éléments de soutènement indispensables et la mise en valeur des minéraux exposés.
Le travail mécanique d’extraction de la roche impose logiquement des tracés et des formes géométriques simples mais rigoureux, sur lesquels l’architecture fonde ses réalisations. Ce lieu d’exposition en forme de coupole représente d’une part la persistance d’une forme essentielle liée à l’histoire des civilisations et d’autre part constitue un clin d’œil contemporain à l’habitat le plus ancien pratiqué par
l’Homme.
Les vitrines d’exposition se développant de manière uniforme sur le pourtour des espaces présentent une collection minérale très intéressante sur le plan esthétique. Prolongation des richesses minérales souterraines du site lui-même, cette présentation cristalline a été conçue davantage pour le plaisir des yeux que dans un but académique.
La roche, dans son aspect fauve d’extraction, ainsi que les minéraux exposés permettent à chacun d’admirer les fascinantes ressources de la nature dans une ambiance d’ombre, de lumière et d’intimité.
LA LEGENDE DE DONAT
Pourquoi cette appellation? Se référant à une légende ancienne, l’accueil dans les alvéoles est assuré par la présence d’une fée.
En 1908, à l’occasion de l’inauguration du Casino de Vallorbe, une pièce théâtrale écrite par Georges Jaccottet, musique d’Edouard Combe, eut un succès considérable. Tout le Pays romand vint à Vallorbe lors des douze représentations. Cette légende se localisant dans les grottes, il paraît intéressant d’en donner un extrait justifiant l’appellation donnée à notre exposition de pierres précieuses: le trésor des fées.
(Extrait de la légende)
Parmi les ouvriers des forges de Vallorbe était un garçon nommé Donat. Beau, robuste, hardi, il passait surtout pour être présomptueux et bavard.
On prétendait les grottes habitées par des fées, qui,
paraît-il, se laissaient voir de temps en temps. Au dire de ceux qui les avaient vues, ces dames étaient grandes et belles, bien faites, leur voix harmonieuse.
Donat voulut percer le mystère et s’en fût un jour visiter la grotte. Il trouve dans un coin un lit de fougères et fatigué s’y endort. A son réveil, il voit la grotte éclairée et à ses côtés une fée qui lui tend sa main blanche, lui disant: "Donat, tu me plais, veux-tu rester avec moi? Je te rendrai heureux un siècle et te donnerai la connaissance de toute chose, à condition de ne jamais chercher à me voir dans mes appartements, et tu recevras chaque jour une pièce d’or et une perle." Le jeune homme accepte avec joie.
Ils furent heureux quelques jours, puis Donat voulut pénétrer dans la chambre de la fée. Celle-ci reposait, sa robe légèrement relevée, et il remarqua les pieds en forme de patte d’oie de la fée. Mais la fée s’éveilla et le chassa de la grotte en lui recommandant de ne rien révéler de ce qu’il avait vu ou entendu sous peine de punition.
Rentré dans les forges, Donat s’empresse de raconter ses aventures et tous se moquent de lui disant qu’il a rêvé. Comme preuve de ce qu’il avance il veut alors montrer les perles et les pièces d’or qu’il a reçues, mais il ne trouve plus que des feuilles mortes et des grains de genièvre. Furieux et humilié, Donat quitte le pays et on ne le revit plus.

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